[Recap] Les soutiens de l’État à l’économie pour faire face à la crise sanitaire

Prêt garanti par l’État de 5 milliards d’euros accordé au groupe Renault, un soutien inédit aux entreprises technologiques et aux Start-ups, déploiement d’un plan de soutien massif au secteur aéronautique, les principales annonces du gouvernement pour soutenir l’économie dans la crise sanitaire.

🔷 (2 juin) Un PGE de 5 milliards d’euros accordé à Renault 

Suite aux discussions avec les représentants des salariés du groupe Renault, le ministre de l’Économie et des Finances a validé la garantie d’un prêt de 5 milliards d’euros pour le constructeur afin de l’aider à traverser la crise. 

L’entreprise Renault a elle aussi été frappée de plein fouet par les conséquences économiques de la crise sanitaire du Covid-19 et a notamment fait face à un ralentissement de la demande. 

➡️ Le PGE a pour but d’accompagner la transformation de l’entreprise vers le développement des véhicules électriques et véhicules autonomes et préserver l’emploi dans le secteur automobile. 

➡️ Le 29 mai, le groupe avait annoncé un plan d’économie majeur consistant à recréer en France un outil industriel compétitif et à interrompre les expansions à l’étranger, afin de relocaliser l’emploi en France. 

➡️ Le groupe s’était notamment engagé à : 

  • Rejoindre l’alliance de production des batteries électriques aux côtés des groupes PSA et Total ;
  • Tripler d’ici 2022 sa production de véhicules électriques en France, et la quadrupler d’ici à 2024.

➡️ Ces engagements répondent aux annonces du Président de la République et le soutien de 8 milliards d’euros à la filière automobile en France visant à relancer la demande, encourager l’investissement dans la production de véhicules propres et renforcer la production sur le sol français. 

🔷 (9 juin) « Plan Tech » : soutien aux entreprises technologiques

Le ministre de l’Économie et des finances, Bruno Le Maire et le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O ont présenté un plan ambitieux en soutien aux entreprises technologiques et aux start-ups. 

➡️ La France doit être un pays à la point de l’innovation : entre 2017 et 2019, le volume de fonds levés par les start-ups a été quasiment doublé de 2,57 milliards d’euros à 5 milliards d’euros. 

➡️ En janvier 2020, la French Tech a connu le meilleur mois de son histoire avec plus de 800 millions d’euros levés, soit le double que celui de janvier 2019. 

➡️ Dans ce contexte de crise sanitaire, et pour aider nos start-ups à faire face aux difficultés, le gouvernement a lancé un plan de soutien public comprenant des investissements, des prêts et des aides : 

  • Fonds « FrenchTech Souveraineté de 150 millions d’euros, géré par Bpifrance pour soutenir l’innovation technologique française d’avenir comme l’intelligence artificielle, le quantique, la cybersécurité, la santé. Il doit être porté à 500 millions d’euros en 2021 ; 
  • Enveloppe de 500 millions d’euros pour soutenir le financement des entreprises technologiques (soutien de trésorerie, renforcement des dispositifs d’aide à l’innovation) ;
  • 200 millions d’euros de soutien à l’émergence de nouvelles entreprises. 

🔷 (9 juin) Soutien à l’aéronautique

Le gouvernement a présenté, mardi 9 juin, un plan de soutien inédit de 15 milliards d’euros à la filière aéronautique. 

Compte tenu de la crise sanitaire, le trafic aérien a été dans sa quasi-intégralité stoppé et ne retrouvera pas son niveau de décembre 2019 avant deux ou trois ans. La société Airbus a réduit d’environ 40% ses cadences de production, environ 300 000 emplois et 1 300 entreprises sous-traitantes sont menacés.  

Ce plan massif de soutien à la filière poursuit trois objectifs : 

➡️ Sauvegarder les emplois : 

Principalement grâce aux mesures prévues dans le projet de loi de finances rectificative. En contrepartie, les groupes aidés (Airbus, Thalès Dassault, Safran) se sont engagés à préserver l’emploi en France. Cela passe par :

  • L’apport de garanties à l’export : un moratoire d’un an a été accordé aux compagnies aériennes pour le remboursement de leur crédit à l’export. Cela représente un coût de trésorerie pour l’État de 1,5 milliards d’euros. 
  • L’assouplissement les modalités de remboursement de tous les nouveaux achats d’avions Airbus : les compagnies auront jusqu’à 18 mois (au lieu de 6 mois) avant de commencer à rembourser leurs crédits à l’exportation. Il s’agit d’un effort de trésorerie de l’État de 2 milliards d’euros. 
  • Le passage de commandes publiques militaires, de la gendarmerie et de la sécurité civile pour un total de 832 millions d’euros ; 
  • La mise en place une activité partielle de longue durée pour éviter les licenciements et la perte de savoir-faire. Une concertation est en cours avec les partenaires sociaux au ministère du Travail.

➡️ Accélérer la transformation des PME et ETI 

  • Fonds d’investissement en fonds propres doté d’un milliard d’euros, dont 500 millions dès cet été : destiné à renforcer les fonds propres des entreprises fragilisées et à consolider le secteur. 
  • Un fonds d’accompagnement pour la numérisation et la robotisation des PME et ETI, entièrement financé par l’État à hauteur de 300 millions d’euros sur trois ans. Dans ces domaines, il faut rattraper notre retard par rapport à l’Allemagne et l’Italie. 

➡️ Accélérer la décarbonation de l’industrie aéronautique française : avec pour objectif de créer des avions neutres en carbone d’ici 2035, notamment grâce à des moteurs à très haut taux de dilution et au recours à l’hydrogène. 

  • Le Conseil pour la Recherche Aéronautique civile (CORAC) recevra un soutien massif d’1,5 milliards d’euros sur 3 ans. Ces aides permettront de développer la recherche et les technologies de réduction de la consommation de carburant, les technologies d’électrification des appareils et les expérimentations de carburants neutres en carbone comme l’hydrogène.

Pour rappel, un plan de 7 milliards d’euros a été déployé en soutien à Air France, et qui s’inscrit en cohérence avec le plan de soutien à l’aéronautique. Cette aide, qui comprend un prêt direct public de 3 milliards d’euros et un PGE de 4 milliards, répond à l’urgence de trésorerie d’Air France pour passer la crise et devenir une compagnie respectueuse de l’environnement.